Nous invitons les élus de la Communauté de Commune ABC ( et les autres...) à visiter le blog de M. JANCOVICI, Diplomé de l'Ecole Polytechnique et de l'Ecole Nationale Supérieure des Télécommunications de Paris....nous avons uniquement retenu sa conclusion sur le grand "EOLIEN" !
Ingénieur Conseil
http://www.manicore.com
Après des années d'efforts visibles et de discours qui le sont encore plus, l'éolien a produit
12 TWh en France en 2011, soit environ 2,4% de notre production électrique
totale,
ou encore 1% de notre consommation d'énergie
totale. Les chiffres montrent par ailleurs que les
pays qui ont investi massivement dans l'éolien, comme le
Danemark, n'ont pas beaucoup changé
la structure de leur approvisionnement énergétique,
ni leurs émissions de gaz à effet de serre.
Faut-il passer des années
à se focaliser sur 1%, quand, dans
le même temps, un programme un peu sérieux d'économies d'énergie -
comme par exemple l'isolation
des logements existants, qui ne demanderait pas plus d'argent
public - pourrait facilement faire baisser la consommation d'énergie
de 10%, c'est à dire 20 fois plus ? Faut-il valoriser à ce point dans
les discours publics une production qui n'amène ni économies de CO2
significatives, ni amélioration de la balance commerciale (au contraire,
on importe les éoliennes !), ni sécurisation du réseau électrique (au
contraire), et qui risque de pousser à la contruction de centrales à gaz
en économie "libéralisée" ? Faut-il le faire alors que nous allons avoir des récessions de plus en plus fréquentes ?
L'engouement auquel nous
assistons
actuellement pour l'éolien n'est donc pas fondé par des ordres de
grandeur en rapport avec le problème (économiser l'énergie de manière
massive est bien plus urgent que de planter des éoliennes en faisant
croire que ca sera un déterminant significatif de la solution). Il
s'agit, comme souvent hélas, de la conséquence logique d'un débat
médiatique qui a beaucoup de mal avec les ordres de grandeur.
Si la première priorité
pour l'avenir est de diminuer les
émissions de gaz à effet de serre, il y a bien plus efficace à
faire que de mettre des éoliennes partout. La Suisse, qui
n'a quasiment pas d'éoliennes, a des émissions directes par
habitant deux fois moindres que celles du Danemark (qui fait partie
des premiers pollueurs par habitant en Europe question gaz à
effet de serre), et une fois et demi moindre que les nôtres,
et pourtant il y fait froid l'hiver (30% de la consommation d'énergie
en France est liée au "confort sanitaire", chauffage
pour l'essentiel et eau chaude). L'Allemagne, qui vient juste
après le Danemark (pour la production éolienne)
a aussi des émissions de gaz à effet de serre par
habitant bien au-dessus de la moyenne européenne.
Plus généralement,
si notre première priorité est de minimiser notre
impact sur l'environnement, penser qu'il suffit de mettre des
éoliennes partout pour y parvenir est hélas un rêve.
Il nous faudra pour cela renoncer à
la poursuite de la croissance en volume. Dans quelle mesure
les éoliennes ne sont-elles pas "aimées"
parce que bien des gens y voient une alternative aux économies
d'énergie, pensant que quelques éoliennes suffiront
à nous éviter de changer quoi que ce soit à
notre consommation d'énergie actuelle ?
Si la première priorité
est de nous mettre dans un monde avec "juste des renouvelables", il est incontournable de diminuer
au préalable notre consommation d'énergie d'un facteur
trois à quatre : aucune
solution à base de renouvelables n'est dans les bons ordres
de grandeur pour nous permettre un approvisionnement à
notre niveau actuel, et il s'en faut de beaucoup.
Et enfin, toutes les renouvelables
ne sont pas égales ! Mettre sur un pied d'égalité
la biomasse, les carburants
d'origine agricole, l'éolien, le solaire,
la géothermie et l'énergie hydroélectrique
est ignorer que chaque forme a ses avantages et ses inconvénients,
et que toutes sont très loin d'avoir le même potentiel.
Au niveau actuel de consommation d'énergie que nous avons,
miser beaucoup d'argent et de discours sur l'éolien servira juste à nous
précipiter un peu plus vite vers les ennuis, parce, hélas pour nous, le
monde est fini et donc le temps pour mettre en oeuvre les "vraies" solutions aussi !
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